Dès que vous vendez vos créations de façon régulière et dans un but lucratif, vous exercez une activité qui doit être déclarée. Vendre « au noir », même quelques pièces par mois, vous expose et vous prive de tout : facture en règle, assurance, accès aux marchés officiels. La déclaration n'est pas une punition — c'est ce qui vous rend crédible et tranquille.
À noter : cet article donne des repères pour comprendre les grandes étapes. Les seuils, taux et obligations évoluent : vérifiez toujours l'information à jour sur les sources officielles citées en fin d'article.
La micro-entreprise, le plus simple pour démarrer
Le régime du micro-entrepreneur (l'ancien « auto-entrepreneur ») est fait pour se lancer sans complexité :
- Création en ligne, gratuite, sans capital ni statuts à rédiger.
- Comptabilité allégée : un simple registre des recettes suffit dans la plupart des cas.
- Cotisations proportionnelles : vous payez un pourcentage de ce que vous encaissez. Pas de vente ? Pas de cotisation.
Comme votre activité relève de l'artisanat (fabrication de produits faits main), elle implique généralement une immatriculation auprès de la Chambre de Métiers et de l'Artisanat. C'est justement là que se trouvent aussi des accompagnements utiles pour démarrer.
Les démarches pour démarrer, étape par étape
- Déclarer le début d'activité sur le guichet unique des formalités des entreprises (le portail officiel géré par l'INPI). Tout se fait en ligne, au même endroit.
- Recevoir votre numéro SIRET : c'est votre identité d'entreprise, à faire figurer sur vos factures et vos mentions légales.
- Ouvrir un compte bancaire dédié à l'activité (un compte séparé de votre compte personnel), pour ne pas mélanger vos flux — vivement recommandé, et obligatoire au-delà d'un certain chiffre d'affaires.
Prévoyez aussi de vérifier si votre activité nécessite une assurance (responsabilité civile professionnelle notamment), selon ce que vous vendez et à qui.
La TVA : la question qui revient tout le temps
Au démarrage, la plupart des micro-entrepreneurs bénéficient de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas de TVA à vos clients, et vous portez la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur vos factures. En contrepartie, vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats.
Au-delà de certains seuils de chiffre d'affaires, vous devez facturer la TVA. Ces seuils — et les règles autour — font l'objet d'évolutions régulières : c'est le point à vérifier absolument sur une source officielle avant de fixer vos prix, plutôt que de se fier à un chiffre lu quelque part il y a un an.
Vos obligations de base, une fois lancé
- Déclarer votre chiffre d'affaires (mensuellement ou trimestriellement) et payer vos cotisations, même à zéro.
- Établir une facture en règle pour chaque vente : identité, SIRET, date, description, prix, et la mention TVA adaptée.
- Conserver vos justificatifs (recettes, achats) pendant la durée légale.
Et pour vendre en ligne ?
Une boutique en ligne ajoute quelques obligations propres au commerce à distance :
- Mentions légales et conditions générales de vente (CGV) accessibles sur le site.
- Droit de rétractation de 14 jours pour vos clients particuliers (avec des exceptions, par exemple pour les créations réalisées sur-mesure).
- Protection des données (RGPD) : informer sur les données collectées, sécuriser les commandes.
Ça paraît lourd ? C'est précisément le genre de choses qu'une boutique bien conçue intègre pour vous : mentions, CGV, rétractation, RGPD et sécurité prêts dès le départ, pour que vous vous concentriez sur vos créations et vos ventes.
En résumé : déclarez votre activité sur le guichet unique, obtenez votre SIRET, ouvrez un compte dédié, gardez un œil sur les seuils de TVA — et, pour la vente en ligne, appuyez-vous sur un site qui embarque déjà mentions, CGV et RGPD.
Sources officielles à consulter (informations à jour, gratuites) : service-public.fr (rubrique professionnels), le site de l'Urssaf micro-entrepreneur (autoentrepreneur.urssaf.fr), le guichet unique des formalités (formalites.entreprises.gouv.fr) et votre Chambre de Métiers et de l'Artisanat. Cet article est une information générale et ne remplace pas un conseil adapté à votre situation.